juillet 2008

Archive mensuelle

LE JARDIN D’ANTAN

Créé par le 31 juil 2008 | Dans : Poèmes, Poètes canadiens

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Rien n’est plus doux aussi que de s’en revenir
Comme après de longs ans d’absence,
Que de s’en revenir
Par le chemin du souvenir
Fleuri de lys d’innocence
Au jardin de l’Enfance.

Au jardin clos, scellé, dans le jardin muet
D’où s’enfuirent les gaîtés franches,
Notre jardin muet,
Et la danse du menuet
Qu’autrefois menaient sous branches
Nos soeurs en robes blanches.

Aux soirs d’Avrils anciens, jetant des cris joyeux
Entremêlés de ritournelles,
Avec des lieds joyeux,
Elles passaient, la gloire aux yeux,
Sous le frisson des tonnelles,
Comme en les villanelles.

Cependant que venaient, du fond de la villa,
Des accords de guitare ancienne,
De la vieille villa,
Et qui faisaient deviner là,
Près d’une obscure persienne,
Quelque musicienne.

Mais rien n’est plus amer que de penser aussi
A tant de choses ruinées !
Ah ! de penser aussi,
Lorsque nous revenons ainsi
Par sentes de fleurs fanées,
A nos jeunes années.

Lorsque nous nous sentons névrosés et vieillis,
Froissés, maltraités et sans armes,
Moroses et vieillis,
Et que, surnageant aux oublis,
S’éternise avec ses charmes
Notre jeunesse en larmes !

Emile NELLIGAN
( 1879 – 1941 )
 

PALAIS SOUS LA MER

Créé par le 19 juil 2008 | Dans : Poèmes, Renée VIVIEN

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Puisque tu sus surprendre enfin mon cœur amer,
Je te découvrirai mon palais sous la mer !
Tu verras, comme on voit en des visions rares,
Les étranges corails, les éponges bizarres !
.

Je te découvrirai mes jardins, loin des vents,
Où chaque fleur respire, où les fruits sont vivants.
Puis tu verras les beaux poissons dont l’aile vole
Aussi légèrement que se dit la parole.
.

Tu verras le soir glauque et fuyant sous les eaux,
Et nous regarderons ainsi que des oiseaux
Passer la mouette ivre et des voiles sereines,
Et parfois chanteront, pour nous deux, les Sirènes !
.

 

Renée VIVIEN   ( 1877 – 1909 )

LA VIE ANTERIEURE

Créé par le 11 juil 2008 | Dans : Charles BAUDELAIRE, Poèmes

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J’ai longtemps habité sous de vastes portiques
Que les soleils marins teignaient de mille feux
Et que leurs grands piliers, droits et majestueux,
Rendaient pareils, le soir, aux grottes basaltiques.
.

Les houles, en roulant les images des cieux,
Mêlaient d’une façon solennelle et mystique
Les tout-puissants accords de leur riche musique
Aux couleurs du couchant reflété par mes yeux.
.

C’est là que j’ai vécu dans les voluptés calmes,
Au milieu de l’azur, des vagues, des splendeurs
Et des esclaves nus, tout imprégnés d’odeurs,
.

Qui me rafraîchissaient le front avec des palmes,
Et dont l’unique soin était d’approfondir
Le secret douloureux qui me faisait languir.
.
                              Charles BAUDELAIRE
                                    ( 1821 – 1867 )

ROSES DU SOIR

Créé par le 09 juil 2008 | Dans : Poèmes, Renée VIVIEN

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Des roses sur la mer, des roses dans le soir,
Et toi qui viens de loin, les mains lourdes de roses !
J’aspire ta beauté. Le couchant fait pleuvoir
Ses fines cendres d’or et ses poussières roses…

Des roses sur la mer, des roses dans le soir.

Un songe évocateur tient mes paupières closes.
J’attends, ne sachant trop ce que j’attends en vain,
Devant la mer pareille aux boucliers d’airain,
Et te voici venue en m’apportant des roses…

Ô roses dans le ciel et le soir ! Ô mes roses !
.
Renée VIVIEN
( 1877 – 1909 )

QUAND JE SUIS AU BORD DE LA MER

Créé par le 08 juil 2008 | Dans : Poèmes, RaymonD RADIGUET

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Quand je suis au bord de la mer
Afin de rester toujours jeune
Comme Aphrodite je déjeune
De soleil et de lune dîne
.

je me sens devenir ondine
Qui joyeuse où l’onde est amère
Ne souhaite pour son sommeil
Pas d’autre oreiller que les vagues
.

Si sur le sable le soleil
Luit, comme perdue une barque
Plus n’ai besoin de vos attraits
Votre éponge ni votre craie,
.

Vénus, pour dormir éveillée
Aux âmes de larmes mouillées
.
Raymond RADIGUET
( 1903 – 1923 )

 

LA MER

Créé par le 07 juil 2008 | Dans : François- René de CHATEAUBRIAND, Poèmes

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Des vastes mers tableau philosophique,
Tu plais au coeur de chagrins agité :
Quand de ton sein par les vents tourmenté,
Quand des écueils et des grèves antiques
Sortent des bruits, des voix mélancoliques,
L’âme attendrie en ses rêves se perd,
Et, s’égarant de penser en penser,
Comme les flots de murmure en murmure,
Elle se mêle à toute la nature :
Avec les vents, dans le fond des déserts,
Elle gémit le long des bois sauvages,
Sur l’Océan vole avec les orages,
Gronde en la foudre, et tonne dans les mers.
.

Mais quand le jour sur les vagues tremblantes
S’en va mourir ; quand, souriant encor,
Le vieux soleil glace de pourpre et d’or
Le vert changeant des mers étincelantes,
Dans des lointains fuyants et veloutés,
En enfonçant ma pensée et ma vue,
J’aime à créer des mondes enchantés
Baignés des eaux d’une mer inconnue.
L’ardent désir, des obstacles vainqueur,
Trouve, embellit des rives bocagères,
Des lieux de paix, des îles de bonheur,
Où, transporté par les douces chimères,
Je m’abandonne aux songes de mon coeur
.
François-René de CHATEAUBRIAND
( 1768 – 1848 )
 

CONNAISSEZ-VOUS MON ANDALOUSE

Créé par le 04 juil 2008 | Dans : Jules VERNE, Poèmes

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Connaissez-vous mon Andalouse
Plus belle que les plus beaux jours,
Folle amante, plus folle épouse,
Dans ses amours, toute jalouse,
Toute lascive en ses amours !
.
Vrai dieu ! de ce que j’ai dans l’âme,
Eussé-je l’enfer sous mes pas,
Car un mot d’amour de ma dame
A seul allumé cette flamme,
Mon âme ne se plaindra pas !
.
C’est que ma belle amante est belle,
Lorsqu’elle se mire en mes yeux !
L’étoile ne luit pas tant qu’elle,
Et quand sa douce voix m’appelle,
Je crois qu’on m’appelle des Cieux !
.
C’est que sa taille souple et fine
Ondule en tendre mouvement,
Et parfois de si fière mine,
Que sa tête qui me fascine
Eblouit comme un diamant !
.
C’est que la belle créature
Déroule les flots ondoyants
D’une si noire chevelure
Qu’on la couvre, je vous jure,
De baisers tout impatients !
.
C’est que son oeil sous sa paupière
Lance un rayon voluptueux,
Qui fait bouillir en mon artère,
Tout ce que Vénus de Cythère
Dans son sein attise de feux !
.
C’est que sur ses lèvres de rose
Le sourire de nuit, de jour
Brille comme une fleur éclose
Et quand sur mon coeur il se pose,
Il le fait palpiter d’amour !
.
C’est que lorsqu’elle m’abandonne
Sa blanche main pour la baiser,
Que le ciel se déchaîne et tonne,
Que m’importe ,- Dieu me pardonne,
Il ne peut autant m’embraser !
.
C’est que sa bouche bien-aimée
Laisse tomber comme une fleur
Douce haleine parfumée,
Et que son haleine embaumée
Rendrait aux roses leur couleur !
.
C’est que sa profonde pensée
Vient se peindre en son beau regard,
Et que son âme est caressée,
Comme la douce fiancée
Quand l’amant vient le soir ien tard !
.
Allons l’amour, les chants, l’ivresse !
Il faut jouir de la beauté !
Amie ! oh que je te caresse !
Que je te rende, ô ma maîtresse,
Palpitante de volupté !
.
Oh ! viens ! viens toute frémissante,
Qu’importe qu’il faille mourir,
Si je te vois toute expirante
Sous mes baisers, ma belle amante,
Si nous mourons dans le plaisir !
.
                        Jules VERNE
                       ( 1828 – 1905 )

LA FILLE DE L’AIR

Créé par le 02 juil 2008 | Dans : Jules VERNE, Poèmes

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 À Herminie.
.
Je suis blonde et charmante,
Ailée et transparente,
Sylphe, follet léger, je suis fille de l’air,
Que puis-je avoir à craindre ?
Une nuit de m’éteindre ?
Qu’importe de mourir comme meurt un éclair !
.
Je vole sur la nue ;
Aux mortels inconnue,
Je dispute en riant la vitesse aux zéphirs!
Il n’est point de tempête
Qui pende sur ma tête ;
Je plane, et n’entends plus des trops lointains soupirs.
.
Je vais où va l’aurore ;
On me retrouve encore
Aux mers où tout en feu se plonge le soleil !
Quand son tour le ramène,
Prompte, sans perdre haleine,
Je le joins, et c’est moi qu’on salue au réveil.
.
Qui suis-je ? où suis-je ? où vais-je ?
N’ayant pour tout cortège
Que les oiseaux de l’air, les étoiles aux cieux ?
Je ne sais ; mais tranquille,
Aux pensers indocile,
Je m’envole au zénith, au fronton radieux !
.
Parfois je suis contrainte ;
Mais c’est la molle étreinte
De l’amour qui me berce en ses vives ardeurs !
J’en connais tous les charmes ;
J’en ignore les larmes,
Et toujours en riant, je vais de fleurs en fleurs
.
Vive, alerte et folâtre
De l’air pur idolâtre
Je vole avec Iris aux couleurs sans pareil ;
Souvent je me dérobe
Dans les plis de sa robe
Faite d’un clair tissu des rayons du soleil.
.
Souvent dans mon courage,
Je rencontre au passage
Une âme qui s’envole au céleste séjour ;
Je ne puis, bonne et tendre,
Lorsqu’ elle peut m’entendre,
Ne pas lui souhaiter vers moi le gai retour !
.
Des échos la tristesse
M’apprend que l’allégresse
Ne règne pas toujours aux choses d’ici bas,
Et que parfois la guerre
Va remuer la terre.
La faim, le froid, la soif ! qu’on ne m’en parle pas !.
.
Si jadis quelque chose
Me venait ; de la rose
C’était le doux parfum que le vent m’apportait !
Je croyais, pauvre folle,
La rose, le symbole
Du bonheur que la terre à mes yeux présentait !
.
La terre par l’espace
Dans l’ordre qu’elle trace
Traîne trop de malheurs et de peine en son vol ;
Le bruit souvent l’atteste,
Son spectacle est funeste,
Et certes ne vaut pas un détour de mon col !
.
Pourquoi m’occuper d’elle,
Je suis jeune, et suis belle ;
Mes lèves sont de rose, et mes yeux sont d’azur :
A mes traits si limpides
L’honneur mettrait des rides ;
La terre ternirait l’éclat de mon ciel pur !
.
Parfois vive et folette,
Poursuivant la comète,
Dans l’espace inconnu nous prenons notre essor !
À mon front je mesure
Sa blonde chevelure
Qui traîne dans les airs un ardent sillon d’or !
.
Lorsque je me promène,
Pour qu’elle m’entretienne,
Pourquoi pas de compagne aux mots doux et vermeils ?
Quoi ! n’en aurais-je aucune ?
Ah ! pardon, j’ai la lune,
L’étoile, la planète, et mes mille soleils !
.
J’ai quelquefois des anges,
Car leurs saintes phalanges,
Je les suis en priant ; plus prompte que l’éclair ;
Sans leur porter envie,
Je préfère ma vie :
Rien n’est si doux aux sens que de nager dans l’air.
.
Si le sommeil me gagne,
Ma couche m’accompagne,
Couverte d’un manteau brodé de bleus saphirs ;
Dans les flots de lumière,
Je ferme ma paupière,
Laissant flotter ma robe entrouverte aux zéphirs.
.
Jules VERNE

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