août 2008

Archive mensuelle

APRES TROIS ANS

Créé par le 27 août 2008 | Dans : Paul VERLAINE, Poèmes

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Ayant poussé la porte étroite qui chancelle,
Je me suis promené dans le petit jardin
Qu’éclairait doucement le soleil du matin,
Pailletant chaque fleur d’une humide étincelle.

Rien n’a changé. J’ai tout revu : l’humble tonnelle
De vigne folle avec les chaises de rotin…
Le jet d’eau fait toujours son murmure argentin
Et le vieux tremble sa plainte sempiternelle.

Les roses comme avant palpitent ; comme avant,
Les grands lys orgueilleux se balancent au vent,
Chaque alouette qui va et vient m’est connue.

Même j’ai retrouvé debout la Velléda,
Dont le plâtre s’écaille au bout de l’avenue,
- Grêle, parmi l’odeur fade du réséda.

 VERLAINE

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 VERLAINE, ( 1844 – 1896 ).D’une existence mouvementée, riche en épisodes romanesques, il compose à l’âge de dix-huit ans, le poème  » Chanson d’automne  » où l’originalité de son écriture est déjà
manifeste.
Sa rencontre avec Arthur RIMBAUD en 1871 l’entraîne, plusieurs années durant, dans une vie orageuse et semée de catastrophes.
La vie commune des deux amis, se termine en 1873, par une dispute particulièrement violente, au cours de laquelle Verlaine tire deux coups de revolver sur Rimbaud, blessant celui-ci au poignet. Sur plainte de Rimbaud, Verlaine est arrêté, puis condamné à deux ans de prison.
À sa sortie de prison, revenu à des convictions catholiques, Verlaine tente en vain de convertir Rimbaud, puis il se laisse reprendre par la vie bohème qui avait été la sienne.
Menant une existence misérable, épuisé par l’alcoolisme, miné par la maladie, il meurt seul dans un dénuement presque absolu.

 

LISE

Créé par le 21 août 2008 | Dans : Poèmes, Victor Hugo

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J’avais douze ans ; elle en avait bien seize.
Elle était grande, et, moi, j’étais petit.
Pour lui parler le soir plus à mon aise,
Moi, j’attendais que sa mère sortît ;
Puis je venais m’asseoir près de sa chaise
Pour lui parler le soir plus à mon aise.

 
Que de printemps passés avec leurs fleurs !
Que de feux morts, et que de tombes closes !
Se souvient-on qu’il fut jadis des coeurs ?
Se souvient-on qu’il fut jadis des roses ?
Elle m’aimait. Je l’aimais. Nous étions
Deux purs enfants, deux parfums, deux rayons.

 
Dieu l’avait faite ange, fée et princesse.
Comme elle était bien plus grande que moi,
Je lui faisais des questions sans cesse
Pour le plaisir de lui dire : Pourquoi ?
Et par moments elle évitait, craintive,
Mon oeil rêveur qui la rendait pensive.

 
Puis j’étalais mon savoir enfantin,
Mes jeux, la balle et la toupie agile ;
J’étais tout fier d’apprendre le latin ;
Je lui montrais mon Phèdre et mon Virgile ;
Je bravais tout; rien ne me faisait mal ;
Je lui disais : Mon père est général.

 
Quoiqu’on soit femme, il faut parfois qu’on lise
Dans le latin, qu’on épelle en rêvant ;
Pour lui traduire un verset, à l’église,
Je me penchais sur son livre souvent.
Un ange ouvrait sur nous son aile blanche,
Quand nous étions à vêpres le dimanche.

 
Elle disait de moi : C’est un enfant !
Je l’appelais mademoiselle Lise.
Pour lui traduire un psaume, bien souvent,
Je me penchais sur son livre à l’église ;
Si bien qu’un jour, vous le vîtes, mon Dieu !
Sa joue en fleur toucha ma lèvre en feu.

 
Jeunes amours, si vite épanouies,
Vous êtes l’aube et le matin du coeur.
Charmez l’enfant, extases inouïes !
Et quand le soir vient avec la douleur,
Charmez encor nos âmes éblouies,
Jeunes amours, si vite épanouies!

                                             Victor HUGO
                                           ( 1802 – 1885 )
                                         écrit en mai 1848

ELLE ETAIT DECHAUSSEE, ELLE ETAIT DECOIFFEE…

Créé par le 20 août 2008 | Dans : Poèmes, Victor Hugo

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Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
Et je lui dis : Veux-tu t’en venir dans les champs ?

Elle me regarda de ce regard suprême
Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
Et je lui dis : Veux-tu, c’est le mois où l’on aime,
Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?

Elle essuya ses pieds à l’herbe de la rive ;
Elle me regarda pour la seconde fois,
Et la belle folâtre alors devint pensive.
Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !

Comme l’eau caressait doucement le rivage !
Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.

Victor HUGO

( 1802 – 1885 )
 
   

JOHN PLAYNE…Poème de Jules VERNE ( suite et fin )

Créé par le 12 août 2008 | Dans : Jules VERNE, Poèmes

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*******

Vite que l’on se presse
Il faut hisser d’abord
Le chalut qui ne cesse
De peser sur le bord.
C’est à quoi l’on travaille
Mais il est tellement
Lourd, il faut maille à maille
Le hâler lentement.
Mais enfin il approche,
À l’aide de palans
Par le fond, on le croche
Un cadavre est dedans.
Et cette épave humaine
Arrachée à la mer
C’est lui, c’est John Playne
Le pêcheur de Kormer
Son bateau sans nul doute
À lui-même livré
Pris de travers en route
Sous voile a chaviré. 

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Ce qui mène à comprendre
Pourquoi comme un mulet
L’ivrogne s’est fait prendre
Dans son propre filet.
À quel horrible fût !
Il est gonflé ce porc !
Et malgré tant d’abus
Il semblait ivre encore.
Achevez la besogne
Pêcheurs il faut rentrer.
Ce misérable ivrogne,
On pourrait l’enterrer.
Hélas, j’aime à le croire
Vous saurez le mettre où
Il ne pourra plus boire
Mais creusez bien le trou !
Ainsi finit John Playne
Pêcheurs la mer est pleine
Allons pêcheurs en mer.

 .

Jules VERNE

( 1828 – 1905 )

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Je n’aime pas trop la fin de ce poème de Jules VERNE  » JOHN PLAYNE « , peut-être parce que je vis au bord de la mer, où de notre port partent des bateaux de pêche…et que ces hommes qui affrontent la mer tous les jours en connaissent les dangers, et ne partent pas ivres !
.
Le métier de marin-pêcheur est un rude métier, toujours à la merci d’un changement brutal de temps, d’un accident en mer.
.
Le 23 janvier 2007 un de nos chalutiers le  » Manureva  » n’est pas rentré, victime d’une déferlante, à environ 400m du port, le bateau se serait brusquement couché, puis retourné.
.
L’opération de sauvetage menée par deux vedettes de la SNSM, trois hélicoptères et un bateau de pêche ne furent pas facilités par une météo très défavorable, des vents de nord-est de 75 kms heure et des creux de plus de 3 mètres.
Sur les quatre hommes à bord un seul fut sauvé.

JOHN PLAYNE…Poème de Jules VERNE ( suite )

Créé par le 11 août 2008 | Dans : Jules VERNE, Poèmes

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*****

À peine quelques nues
Dans le ciel du matin
Fuyantes et ténues,
Le soleil a bon teint.
Il fera beau. N’empêche
Qu’avec cet affreux temps
Les chaloupes de pêche
Auront eu leur content !
Qu’importe, à la rentrée
Nul ne manque ! On a fait
Une bonne marée !
Donc hurrah ! C’est parfait !
Ah ! Comme l’on oublie
Le danger qui n’est plus !
Aussi chacun rallie
La baie avec le flux,
On force et l’on se hâte
Les voilà bord à bord
C’est comme une régate
          À l’arrivée au port.          

******


Tiens ! Qu’est-ce qui se passe ?
Le premier en avant
Soudain fait volte face
Pour revenir au vent !
Les autres en arrière
Manoeuvrant tour à tour
De la même manière
Sans songer au retour.
Est-ce que par l’orage
Quelque bateau surpris
La nuit a fait naufrage ?
En voit-on les débris ?
Un homme se bloque au large
Là-bas c’est un devoir
Ne fusse qu’une barque
Un canot d’aller voir
On se hâte, on arrive
Un bateau de Kormer
Est-là seul, qui dérive
Chaviré, cul en l’air.

( … )

à suivre…

JOHN PLAYNE …Poème de Jules VERNE ( suite )

Créé par le 09 août 2008 | Dans : Jules VERNE, Poèmes

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 ***

La baie a deux bons milles
Du port au pied des bancs
Des passes difficiles,
De sinueux rubans !
C’est comme un labyrinthe
Où, même en plein midi,
On ne va pas sans crainte
Eût-on le coeur hardi.
Mais John, c’est son affaire,
Bras vigoureux, oeil sûr,
Il sait ce qu’il faut faire
Et se dirige sur
Le cap que l’on voit poindre
Au pied du vieux fanal
Là le courant est moindre
Qu’à travers le chenal !

 ****

En avant c’est le vide
Vide farouche et noir,
Et sans l’éclair livide
On n’y pourrait rien voir !
Le vent là-haut fait rage
Mais ne tardera pas
Sous le poids de l’orage
A se jeter en bas.
En effet la rafale
Se déchaîne dans l’air
Se rabaisse et s’affale
Presque au ras de la mer,
Mais John a son idée,
C’est de gagner au vent
Rien que d’une bordée
Comme il l’a fait souvent.

( … )

 à suivre

 

        

JOHN PLAYNE…Poème de Jules VERNE ( extrait )

Créé par le 08 août 2008 | Dans : Jules VERNE, Poèmes

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* 

John Playne on peut l’en croire
Est complètement soûl !
Il n’a cessé de boire
Jusqu’à son dernier sou !
Dam’ ! deux heures de stage
Au fond d’un cabaret
En faut-il davantage
Pour absorber son prêt ?
Bah ! Dans une marée
Il le rattrapera
Et brute invétérée
Il recommencera.
D’ailleurs c’est l’habitude
Des pêcheurs de Kormer
Ils font un métier rude !
Allons John Playne en mer !

 **

Le bateau de John Playne
Se grée en étalier
Avec foc et misaine.
Il a nom Saint-Hélier.
Mais que John se dépêche
De retourner à bord !
Les chaloupes de pêche
Sont déjà loin du port !
C’est que la mer est prompte
A descendre à présent !
A peine si l’on compte
Deux heures de jusant !
Donc si John ne se hâte
De partir au plus tôt,
Et si le temps se gâte
C’est fait de son bateau.

( … )

                       à suivre

 

 

LA LUNE

Créé par le 03 août 2008 | Dans : Jules VERNE, Poèmes

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Bien des gens en ce monde ont une humeur bizarre
Et dont on cherche en vain la cause et le secret
Sans qu’on sache pourquoi leur esprit guilleret
En un instant hargneux, coléreux se déclare.

L’un défend une chose et puis il la permet
L’autre, Anglais le matin, le soir se fait Tartare
L’un à l’esprit posé devient brouillon, distrait,
L’autre, grand orateur, est muet à la barre !

L’un change d’habitude aussitôt déjeuner
Et l’autre pour le faire attend après dîner.
Avare celui-ci prodigue sa fortune.

L’un progressiste à fond, tourne aux conservateurs.
D’où viennent les reflux et flux de ces humeurs ?
Comme ceux de la Mer n’est-ce pas de la lune ?

Paroles : Jules VERNE  – ( Les Insolites de Jules Verne )

Mis en musique et chanté par Serge KERVAL

ONCLE JULES

Créé par le 03 août 2008 | Dans : Jacques DURAND-DESJEUX, Poèmes

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 Je me replonge dans Jules Verne, et j’ai choisi comme introduction un extrait  d ‘un poème de Jacques DURAND-DESJEUX, mis en musique par Serge Kerval. 

Les Nantais ont de bonnes raisons d’être fiers de leur grand écrivain., et j’aime beaucoup trois vers relevés dans ce même poème :

.

 » … C’est pour rimer avec moderne

   Qu’on a dit qu’il s’appelait Verne

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