Marceline Desordes-Valmore

Articles archivés

S’IL L’AVAIT SU

Créé par le 07 avr 2009 | Dans : Marceline Desordes-Valmore, Poèmes

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S’il avait su quelle âme il a blessée,
Larmes du coeur, s’il avait pu vous voir,
Ah ! si ce coeur, trop plein de sa pensée,
De l’exprimer eût gardé le pouvoir,
Changer ainsi n’eût pas été possible ;
Fier de nourrir l’espoir qu’il a déçu :
A tant d’amour il eût été sensible,
S’il avait su.
.

S’il avait su tout ce qu’on peut attendre
D’une âme simple, ardente et sans détour,
Il eût voulu la mienne pour l’entendre,
Comme il l’inspire, il eût connu l’amour.
Mes yeux baissés recelaient cette flamme ;
Dans leur pudeur n’a-t-il rien aperçu ?
Un tel secret valait toute son âme,
S’il l’avait su.
.

Si j’avais su, moi-même, à quel empire
On s’abandonne en regardant ses yeux,
Sans le chercher comme l’air qu’on respire,
J’aurais porté mes jours sous d’autres cieux.
Il est trop tard pour renouer ma vie,
Ma vie était un doux espoir déçu.
Diras-tu pas, toi qui me l’as ravie,
Si j’avais su !
.
Marceline DESBORDES-VALMORE 
                  ( 1786 – 1859 )

L’AMOUR

Créé par le 07 fév 2009 | Dans : Marceline Desordes-Valmore, Poèmes

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Vous demandez si l’amour rend heureuse ;
Il le promet, croyez-le, fût-ce un jour.
Ah ! pour un jour d’existence amoureuse,
Qui ne mourrait ? la vie est dans l’amour.

Quand je vivais tendre et craintive amante,
Avec ses feux je peignais ses douleurs :
Sur son portrait j’ai versé tant de pleurs,
Que cette image en paraît moins charmante.

Si le sourire, éclair inattendu,
Brille parfois au milieu de mes larmes,
C’était l’amour ; c’était lui, mais sans armes ;
C’était le ciel… qu’avec lui j’ai perdu.

Sans lui, le coeur est un foyer sans flamme ;
Il brûle tout, ce doux empoisonneur.
J’ai dit bien vrai comme il déchire une âme :
Demandez-donc s’il donne le bonheur !

Vous le saurez : oui, quoi qu’il en puisse être,
De gré, de force, amour sera le maître ;
Et, dans sa fièvre alors lente à guérir,
vous souffrirez, ou vous ferez souffrir.

Dès qu’on l’a vu, son absence est affreuse ;
Dès qu’il revient, on tremble nuit et jour ;
Souvent enfin la mort est dans l’amour ;
Et cependant… oui, l’amour rend heureuse !

                                       Marceline DESBORDES-VALMORE
 
    
 

 

L’OREILLER D’UN ENFANT

Créé par le 16 oct 2007 | Dans : Marceline Desordes-Valmore, Poèmes

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Cher petit oreiller, doux et chaud sous ma tête,

Plein de plume choisie, et blanc, et fait pour moi !

Quand on a peur du vent, des loups, de la tempête,

Cher petit oreiller, que je dors bien sur toi !

Beaucoup, beaucoup d’enfants, pauvres et nus, sans mère,

Sans maison, n’ont jamais d’oreiller pour dormir ;

Ils ont beaucoup sommeil, ô destinée amère !

Maman ! douce maman ! cela me fait gémir…

                               Marceline Desbordes-Valmore

                                                   Poèsies posthumes

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LES ROSES DE SAADI

Créé par le 15 oct 2007 | Dans : Marceline Desordes-Valmore, Poèmes

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J’ai voulu ce matin te rapporter des roses ;

Mais j’en avais tant pris dans mes ceintures closes

Que les noeuds trops serrés n’ont pu les contenir

Les noeuds ont éclaté. Les roses envolées

Dans le vent, à la mer s’en sont toutes allées.

Elles ont suivi l’eau pour ne plus revenir ;

La vague en a paru rouge et comme enflammée.

Ce soir, ma robe encore en est toute embaumée…

Respires-en sur moi l’odorant souvenir.

                             Marceline Desbordes-Valmore

                                        Poésies posthumes

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