COIFFE TREGORROISE

Créé par le 25 avr 2008 | Dans : Anatole Le Braz

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Sur un front lisse et pur, finement épinglée,

Tu m’évoques ma mère, ô coiffe du Trégor,

Et, dans ta conque frêle avec art ciselée,

C’est toute la chanson de mon passé qui dort.

*

Comme tu palpitais, pudique , à la veillée,

Sur quelque nuque mince aux chastes frisons d’or !

De ton charme, longtemps, j’eus l’âme ensorcelée

Et, d’y songer ce soir, mon coeur tressaille encor.

*

Coiffe de mon pays, aucun ruban profane

Jamais n’a déparé ta grâce diaphane :

Ton élégance est toute en ta simplicité.

*

Les filles du Trégor t’ont faite à leur image :

Aussi frais que ton lin sans tache est leur visage,

Aussi vierge de tout mensonge leur beauté.

*

Anatole LE BRAZ

*****

Anatole Le Braz ( 1859 – 1926 ) est un poète breton, chantre de la Bretagne. Il avait rêvé dans ses vers d’une mort en Bretagne, au printemps et c’est à Menton que l’Ankou* viendra le cueillir au printemps 1926.

Il repose à Tréguier ( Côtes d’Armor ) dans Le Bois du Poète.

* l’Ankou est la personnification de la Mort dans les contes et légendes de Basse-Bretagne.

                                                                               *

NOURMAHAL LA ROUSSE

Créé par le 15 mar 2008 | Dans : Poèmes, Victor Hugo

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*

Entre deux rocs d’un noir d’ébène

Voyez-vous ce sombre hallier

Qui se hérisse dans la plaine

Ainsi q’une touffe de laine

Entre les cornes du bélier ?

*

Là, dans une ombre non frayée,

Grondent le tigre ensanglanté,

La lionne, mère effrayée,

Le chacal, l’hyène rayée,

Et le léopard tacheté.

*

Là, des monstres de toute forme

Rampent ; _ le basilic rêvant,

L’hippopotame au ventre énorme,

Et le boa, vaste et difforme,

Qui semble un tronc d’arbre vivant.

*

L’orfraie aux paupières vermeilles,

Le serpent, le singe méchant,

Sifflent comme un essaim d’abeilles ;

L’éléphant aux larges oreilles

Casse les bambous en marchant.

*

Là, vit la sauvage famille

Qui glapit, bourdonne et mugit.

Le bois entier hurle et fourmille

Sous chaque buisson un oeil brille,

Dans chaque antre une voix rugit.

*

Eh bien ! seul et nu sur la mousse,

Dans ce bois-là je serais mieux

Que devant Nourmahal-la-Rousse,

Qui parle avec une voix douce

Et regarde avec de doux yeux.

*

                        Victor HUGO

                              25 novembre 1828

                          ( Les Orientales )

                                 *******

 » Nourmahal est un mot arabe qui veut dire  » lumière de la maison  » Il ne faut pas oulier que les cheveux roux sont une beauté pour certains peuples de l’Orient  »

                                   *******

                                                  

ELSA .poème de Louis ARAGON

Créé par le 13 mar 2008 | Dans : Louis Aragon, Poèmes

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Tandis que je parlais le langage des vers

Elle s’est doucement tendrement endormie

Comme une maison d’ombre au creux de notre vie

Une lampe baissée au coeur des myrtes verts

*

Sa joue a retrouvé le printemps du repos

Ô corps sans poids pose dans un songe de toile

Ciel formé de ses yeux à l’heure des étoiles

Un jeune sang l’habite au couvert de sa peau

*

La voilà qui reprend le versant de ses fables

Dieu sait obéissant à quels lointains signaux

Et c’est toujours le bal la neige les traîneaux

Elle a rejoint la nuit dans ses bras adorables

*

Je vois sa main bouger Sa bouche Et je me dis

Qu’elle reste pareille aux marches du silence

Qui m’échappe pourtant de toute son enfance

Dans ce pays secret à mes pas interdit

*

Je te supplie amour au nom de nous ensemble

De ma suppliciante et folle jalousie

Ne t’en va pas trop loin sur la pente choisie

Je suis auprès de toi comme un saule qui tremble

*

J’ai peur éperdumment du sommeil de tes yeux

Je me ronge le coeur de ce coeur que j’écoute

Amour arrête-toi dans ton rêve et ta route

Rends-moi ta conscience et mon mal merveilleux

*

Louis ARAGON

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«  Je suis plein du silence assourdissant d’aimer  »

Louis ARAGON  ( Le fou d’Elsa )

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Louis Aragon ( 1897 – 1982 ), écrivain, poète et romancier, rencontra Elsa Triolet en 1928, au café  » La Coupole  » à Paris. Ils ne se sépareront plus. Ils se marieront en février 1939.

Après la mort d’Elsa en 1970, Aragon continua son oeuvre poétique. Il nous quittera le 24 décembre 1982.

Aragon et Elsa reposent dans le parc de leur propriété à Saint-Arnoult-en-Yvelines.

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À VICTOR HUGO

Créé par le 11 mar 2008 | Dans : Poèmes, Poètes canadiens

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Maître, comme il revient souvent, l’anniversaire

Des monarques puissants dont le règne éphémère,

Après quelques printemps, au tombeau doit finir !…

Il faut qu’un siècle passe avant que nous revienne

Ton jour de fête, ô roi de la pensée humaine

Dans l’immense avenir !

*

Il suffit, pour marquer la fuite des années

S’engouffrant dans l’abîme avec nos destinées,

Qu’un monde, par un astre en l’éther emporté,

Ait parcouru l’ellipse où son disque s’engage.

Mais les ans sont trop courts : les siècles comptent l’âge

De l’immortalité !

*

Te voici donc au seuil de ton apothéose ;

Un autre temps redit la chanson grandiose

Que sur la lyre d’or ton génie accorda.

L’Océan a clamé ton nom à notre plage ;

Puisse sa grande voix te rapporter l’hommage

Du lointain Canada !

*

Et si notre vivat aux bravos se marie,

C’est que nous chérissons la langue et la Patrie

Que tu couvres de gloire avec tes chants vainqueurs :

C’est bien ton verbe noble à la mâle cadence

Qui vibre dans nos voix, c’est bien ta noble France

Qui vibre dans nos coeurs !

*

Malgré les faibles sons d’une lyre inhabile,

Nous voulons célébrer ton oeuvre indélébile,

En des vers fugitifs que guette le néant,

Pardon, si notre Muse, ô maître, ambitionne

Cet orgueil d’élever sa modeste couronne

Jusqu’à ton front géant !

*

Charles GILL   ( 1871 – 1918 )

Recueil : Les étoiles filantes

*****

Charles GILL, écrivain, poète et peintre québecois, fut membre de l’Ecole littéraire de Montréal en 1896, avant d’en devenir le président en 1912.

Cette école regroupait des hommes de lettres canadiens-français.

*****

À***, TRAPPISTE À LA MEILLERAYE

Créé par le 10 mar 2008 | Dans : Poèmes, Victor Hugo

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*

Mon frère, la tempête a donc été bien forte,

Le vent impétueux qui souffle et nous emporte

De récif en récif

A donc, quand vous partiez, d’une aile bien profonde

Creusé le vaste abîme et bouleversé l’onde

Autour de votre esquif,

*

Que tour à tour, en hâte, et de peur du naufrage,

Pour alléger la nef en butte au sombre orage,

En proie au flot amer,

Il a fallu, plaisirs, liberté, fantaisie,

Famille, amour, trésors, jusqu’à la poésie,

Tout jeter à la mer !

*

Et qu’enfin, seul et nu, vous voguez solitaire,

Allant où va le flot, sans jamais prendre terre,

Calme, vivant de peu,

Ayant dans votre esquif, qui des nôtres s’isole,

Deux choses seulement, la voile et la boussole,

Votre âme et votre Dieu !

*

Victor HUGO

20 mai 1830

*****

La Meilleray-de-Bretagne possède une abbaye, et je suppose que dans ce poème Victor HUGO s’adresse à un trappiste qui a abandonné une vie facile pour se consacrer à la prière dans ce monastère …

J’ai recherché quel personnage pouvait se cacher derrière ces lignes…et je n’ai pas trouvé, mais il n’en reste pas moins que je trouve cette image littéraire magnifique.

Victor HUGO reste et restera le plus grand de nos poètes.

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À LA BRETAGNE

Créé par le 08 mar 2008 | Dans : Poèmes, Poètes canadiens

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Je n’ai jamais foulé tes falaises hautaines,

Je n’ai pas vu tes pins verser leurs larmes d’or,

Je n’ai pas vu tes nefs balancer leurs antennes ;

Pourtant je te chéris, vieux pays de l’Armor.

*

Je t’aime d’un amour fort comme tes grands chênes,

Vers lesquels bien souvent mon coeur prend son essor,

Car sur nos bords, vois-tu, nous conservons encor

Le sang pur qui toujours gonfle si bien tes veines.

*

Oui, je t’adore avec tous tes vieux souvenirs,

Tes bruyères, tes joncs, ton granit, tes menhirs,

Ton rivage farouche et peuplé de légendes.

*

Et lorsque Floréal revient tout embaumer,

Dans la brise de l’est je crois, le soir, humer

Comme un vague parfum qui viendrait de tes landes.

*

William CHAPMAN  ( 1850 – 1917 )

*****

UN JOUR JE VIS…

Créé par le 07 mar 2008 | Dans : Poèmes, Victor Hugo

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Un jour je vis, debout au bord des flots mouvants,

Passer, gonflant ses voiles,

Un rapide navire enveloppé de vents,

De vagues et d’étoiles ;

*

Et j’entendis, penché sur l’abîme des cieux,

Que l’autre abîme touche,

Me parler à l’oreille une voix dont mes yeux

Ne voyaient pas la bouche :

*

 » Poëte, tu fais bien ! Poëte au triste front,

Tu rêves près des ondes,

Et tu tires des mers bien des choses qui sont

Sous les vagues profondes !

*

La mer, c’est le Seigneur, que, misère ou bonheur,

Tout destin montre et nomme ;

Le vent, c’est le Seigneur ; l’astre, c’est le Seigneur ;

Le navire, c’est l’homme. »

*

Victor HUGO   ( Les Contemplations )

*****

NOTRE LANGUE

Créé par le 06 mar 2008 | Dans : Poèmes, Poètes canadiens

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Notre langue naquit aux lèvres des Gaulois.

Ses mots sont caressants, ses règles sont sévères,

Et, faite pour chanter les gloires d’autrefois,

Elle a puisé son souffle aux refrains des trouvères.

*

Elle a le charme exquis du timbre des Latins,

Le séduisant brio du parler des Hellènes

Le chaud rayonnement des émaux florentins,

Le diaphane et frais poli des porcelaines.

*

Elle a les sons moelleux du luth éolien,

Le doux babil du vent dans les blés et les seigles,

La clarté de l’azur, l’éclair olympien,

Les soupirs du ramier, l’envergure des aigles.

*

Elle chante partout pour louer Jéhova,

Et, dissipant la nuit où l’erreur se dérobe,

Elle est la messagère immortelle qui va

Porter de la lumière aux limites du globe.

*

La première, elle dit le nom de l’Eternel

Sous les bois canadiens noyés dans le mystère.

La première, elle fit monter vers notre ciel

Les hymnes de l’amour, l’élan de la prière.

*

La première, elle fit tout à coup frissonner

Du grand Meschacébé la forêt infinie,

Et l’arbre du rivage a paru s’incliner

En entendant vibrer cette langue bénie.

*

Langue de feu, qui luit comme un divin flambeau,

Elle éclaire les arts et guide la science ;

Elle jette, en servant le vrai, le bien, le beau,

A l’horizon du siècle une lueur immense.

*

Un jour, d’âpres marins, vénérés parmi nous,

L’apportèrent du sol des menhirs et des landes,

Et nos mères nous ont bercés sur leurs genoux

Aux vieux refrains dolents des ballades normandes.

*

Nous avons conservé l’idiome légué

Par ces héros quittant pour nos bois leurs falaises,

Et, bien que par moments on le crût subjugué,

Il est encor vainqueur sous les couleurs anglaises.

*

Et nul n’osera plus désormais opprimer

Ce langage aujourd’hui si ferme et si vivace…

Et les persécuteurs n’ont pu le supprimer,

Parce qu’il doit durer autant que notre race.

*

Essayer d’arrêter son élan, c’est vouloir

Empêcher les bourgeons et les roses d’éclore ;

Tenter d’anéantir son charme et son pouvoir,

C’est rêver d’abolir les rayons de l’aurore.

*

Brille donc à jamais sous le regard de Dieu,

Ô langue des anciens ! Combats et civilise,

Et sois toujours pour nous la colonne de feu

Qui guidait les Hébreux vers la Terre promise !

*

William CHAPMAN

*****

William CHAPMAN, poète québecois ( 1850  -1917 ). Il publia en 1876  » Les Québecquoises « , un des premiers recueils de poésies du Canada français.

 » Les Aspirations »  ( 1904 ) lui valurent d’être couronné par l’Académie française.

                                                                        *****

CHANSON DE LA BRETAGNE

Créé par le 23 fév 2008 | Dans : Anatole Le Braz, Poèmes

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Un soir que vous rêviez assise au bord des grèves

Vint s’étendre à vos pieds un harpeur de Quimper

Les rêves qu’il chantait ressemblaient à vos rêves

Comme le bruit des pins aux rumeurs de la mer.

*

Il disait la beauté de la terre océane,

Son sortilège lent, délicat et secret

Et c’était votre charme, ô soeur de Viviane,

Qu’en chantant son pays le harpeur célébrait.

*

Anatole LE BRAZ

***

Anatole LE BRAZ ( 1859 – 1926 ), écrivain et poète breton, né dans les Côtes d’Armor fut le chantre de la Bretagne.

***

LA MUSIQUE

Créé par le 21 fév 2008 | Dans : Charles BAUDELAIRE, Poèmes

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La musique souvent me prend comme une mer !

Vers ma pâle étoile,

Sous un plafond de brume ou dans un vaste éther,

Je mets à la voile ;

.

La poitrine en avant et les poumons gonflés

Comme de la toile,

J’escalade le dos des flots amoncelés

Que la nuit me voile ;

.

Je sens vibrer en moi toutes les passions

D’un vaisseau qui souffre ;

Le bon vent, la tempête et ses convulsions

.

Sur l’immense gouffre

Me bercent. D’autres fois, calme plat, grand miroir

De mon désespoir !

.

Charles BAUDELAIRE

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Charles BAUDELAIRE ( 1821 – 1867 ) grand poète du déchirement et du spleen. Lors de la première parution de son recueil de poèmes   » Les Fleurs du Mal  » en 1857 il fut contraint de retirer six poèmes considérés inconvenants à l’époque…Qu’en serait-il aujourd’hui ?

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